Biography

BEATRICE DEER: AN ARTIST BIO IN THREE PARTS
by Adam Gollner

Canadian Aboriginal Music Award-winning singer-songwriter Beatrice Deer hails from Nunavik. Half-Inuk and half-Mohawk, Deer left her small hometown of Quaqtaq, Quebec (population: 376) in 2007 for three life-changing reasons: 

1) She moved to Montreal to get serious about making music—and it worked. Deer has now released five albums, each deepening her trademark blend of traditional Inuit throat singing with contemporary indie rock. My All to You, her fifth record, marks a significant milestone in the history of Inuindie music (a genre Deer pioneered), as this is the first time she composed all the songs’ instrumentation as well as the lyrics. Her themes range from classical Inuit folk tales and legends to the importance of finding understanding and the search for meaning within personal growth. Her songs are especially beloved in Arctic Canada, where she tours frequently and where audiences sing along to her songs during concerts. She sings in three languages: Inuktitut, English, and French. Her collaborators include luminaries from the likes of Land of Talk, The Barr Brothers, Stars, Timber Timbre, Bell Orchestre, Suuns, and executive producer Michael Felber.

2) The second reason Deer left the north was to pursue higher education—and to ensure that her two daughters (now aged 16 and 18) also had access to proper schooling as well. Deer’s artistic experience manifests itself in countless ways: she has been everything from a book designer to an actor to a model. A highly regarded seamstress, she’s also the voice of safety briefings on First Air and can be heard on children’s TV shows. But above all, her primary medium is music, both as a singer, and now, with My All to You, as a songwriter as well. The education she sought in Montreal manifests itself in this latest release. It’s an album of maturity, of hard-fought wisdom, and of spiritual depth. 

3) The final reason Deer came to Montreal was to get therapy. “My All to You is all about owning up,” she explains. “It’s about reconciliation with your self—which is the hardest thing to do. And I mean that on a personal level as well as on a national level.” At this moment in the country’s history, when reconciliation between Canadians and First Peoples has finally become a central issue, Deer has an important message to share: she believes that reconciliation begins with each of us. “You can’t be a change maker if you haven’t gone through it yourself,” she says. “You can’t help if you haven’t gone through healing yourself. It’s a lot easier to forgive other people than it is to forgive yourself. To get to where I am today I had to forgive myself many, many times. I still work on it.” 

As a role model for her community and an advocate for healthy living, Deer is often asked to do speaking engagements. Her primary message is that each of us must take control of our own life. “Nobody else can do it for you,” she insists. “You can’t change what happened. You can only change how you deal with it.” The starting point for her latest album was a desire to relive the moment in her own life when she decided to transform her outlook. “I’d struggled for many years, in many ways—until I realized the change had to come from me,” Deer says. “I know that now that I’m not in constant pain anymore. I can finally perceive things properly. And I want to use that to help others. Music is such an effective way to help. It can be such a positive tool for empowerment.” 

version française

BEATRICE DEER : UNE BIOGRAPHIE EN TROIS PARTIES
par Adam Gollner

Beatrice Deer, auteure-compositrice-interprète lauréate du prix des Canadian Aboriginal Music Awards, est originaire du Nunavik. Moitié Inuite et moitié Mohawk, Deer a quitté la petite ville québécoise de Quaqtaq (population de 376 habitants) en 2007 pour trois raisons impliquant un changement de vie :
 
1) Elle a tout d’abord déménagé à Montréal afin de se consacrer à la musique, ce qu’elle a réussi à faire. Deer compte maintenant cinq albums à son actif. Il s’agit d’un corpus d’œuvres dans lesquelles elle mélange de façon unique le chant de gorge inuit traditionnel et le rock indépendant contemporain. My All to You, son cinquième album, marque une étape importante dans l’histoire de la musique Inuindie (un genre dont Deer est la pionnière), car pour la première fois, elle a composé l’ensemble de la musique originale et des paroles. Les thèmes abordés englobent les contes et légendes populaires inuits classiques, et traitent aussi de l’épanouissement personnel comme outil important dans la recherche de compréhension et la quête de sens. Elle a séduit un public à l’échelle mondiale et ses chansons sont particulièrement aimées dans l’Arctique canadien, où les spectateurs entonnent ses chansons pendant les nombreux concerts qu’elle y présente. Elle chante en trois langues : en inuktitut, en anglais et en français. Parmi ses collaborateurs, on retrouve des sommités comme Land of Talk, The Barr Brothers, Stars, Timber Timbre, Bell Orchestre et Suuns.

2) Puis, Deer a quitté Le Nord pour faire des études supérieures et pour s’assurer que ses deux enfants aient accès à plus d’options en matière de scolarisation. L’expérience artistique de Deer se manifeste de plusieurs façons : elle a touché à tout, du graphisme à l’interprétation, en passant par le mannequinat. Couturière jouissant d’une haute réputation, elle participe également à des émissions de télévision pour enfants et prête sa voix au message de sécurité à bord des avions de First Air, la compagnie aérienne qui dessert Le Nord. Cependant, à titre d’auteure-compositrice-interprète avec My All to You, la musique constitue son média principal. Il s’agit d’un album empreint de maturité, de sagesse durement acquise et de profondeur spirituelle.
 
3) Enfin, Deer est venue à Montréal pour suivre une thérapie. « My All to You porte essentiellement sur la reconnaissance de responsabilité », explique-t-elle. « Il est question de réconciliation avec soi-même, ce qui s’avère le plus difficile. Et j’entends par là du point de vue personnel, mais également national. » À ce moment précis de l’histoire du pays, où la réconciliation entre les Canadiens et les Premiers Peuples est enfin ramenée à un enjeu central, Deer souhaite diffuser un message important : elle croit que la réconciliation commence par soi. « Vous ne pouvez pas être un agent du changement si vous n'avez pas changé vous-même », dit-elle. « Vous n’êtes d’aucune aide si vos blessures ne sont pas cicatrisées. Il est beaucoup plus facile de pardonner aux autres que de se pardonner soi-même. Pour arriver où je suis aujourd’hui, j’ai dû me pardonner à maintes reprises. J’y travaille encore. »
 
En tant que modèle de rôle pour sa communauté et militante pour les saines habitudes de vie, Deer est souvent invitée à prononcer des allocutions. Son message principal stipule que chacun d’entre nous doit prendre le contrôle de sa propre vie. « Personne d’autre ne peut le faire pour nous », insiste-t-elle. « Il est impossible de changer ce qui est arrivé. Vous pouvez seulement adopter une nouvelle façon de composer avec ce passé. » Son dernier album est né au moment où, dans sa propre vie, elle a décidé de transformer sa perspective. « J’ai lutté pendant plusieurs années, de différentes façons, jusqu’à ce que je réalise que le changement devait venir de moi », soutient Deer. « Je sais maintenant que je ne vis plus constamment avec la douleur. Je commence enfin à voir les choses plus sainement. Et je veux me servir de ce que j’ai appris pour aider les autres. »